Reportage de Thaïs, concert de Bruxelles, le 14 février 2026
C’est l’histoire de 2 étoiles, 2 numéros masqués et 2 nanas adeptes de chaussures à plateforme
JEUDI 12 FÉVRIER
Arrivée aux aurores le jeudi devant l’Arena, je redécouvre les joies du camping et ses visages familiers. À 17h pétante, le mail est envoyé pour tenter ma chance en tant qu’IndoReporter. La soirée se termine comme elle a commencé : sous la pluie, et sans trop d’espoirs d’être sélectionnée. 2 camarades de camping m’encouragent particulièrement à y croire, elles deviendront mes étoiles.
VENDREDI 13 FÉVRIER
La journée du vendredi a eu son lot de mésaventures. Dans celles-ci : un appel téléphonique alors que j’ai les mains prises, je n’arrive pas à retirer mon téléphone de ma poche, la fatigue me fait perdre patience, j’en casse la dragonne. Je vois un numéro privé, je ne veux pas y croire, mais j’y crois un peu quand même. Fausse alerte : c’était un démarcheur téléphonique. J’ai juré pour tout Bruxelles.
Une fois dans la salle, je retrouve des compagnes de camping, celles-ci réitèrent le mail reporter pour le concert du lendemain. Avant d’oublier, je fais de même et envoie donc un mail plus par formalité que par espoir de gagner. Le concert se passe, les émotions sont vives, je suis émue de retrouver mes héros sur scène après cette longue journée.
SAMEDI 14 FÉVRIER
La nuit qui suit est sans sommeil, le matin en température négative est rude, je traîne dans ma tente jusqu’environ 9h30 avant de me décider à replier mes affaires. Il est 10h. Je prends une douche salvatrice avant de partir en croisade avec ma peau meurtrie par le froid et mon maquillage qui a décidé de ne pas coopérer.
10h50 : le fond de teint ne sèche pas et le trait d’eyeliner est toujours approximatif, je m’agace à nouveau, et pour couronner le tout mon téléphone sonne avec encore un numéro privé affiché, je soupire lourdement. Et là, que ne fut pas ma surprise d’entendre la voix d’un homme, Antony, CM de notre groupe, qui m’annonce l’heureuse nouvelle : 479 participations pour devenir IndoReporter et Nico sort mon nom du lot.
Totalement déboussolée après cet appel, je peux compter sur ma toulousaine Séverine, bonne étoile, pour me canaliser et m’aider à réorganiser ma journée. Mais tout d’abord, nous trinquons à ce coup de fil au bar de notre hôtel.
Rendez-vous
Il est 14h40, j’attends au point de rendez-vous. Ma binôme arrive et c’est à nouveau une belle surprise : je reconnais Alizée que j’ai accosté dans la file d’attente pour le concert de la veille. Motif de l’interpellation : chaussures trop canons.
Angoissée du déroulement de la journée et par peur de ne pas profiter pleinement de cette occasion rêvée, nous échangeons sur nos types de personnalité et nos intentions lors de la fameuse rencontre. Nous sommes maladroites et notamment avec les interactions sociales. Une équipe de bras cassés aux premiers abords, mais qui a justement cartonné tout au long de notre expérience unique.
Un peu moins d’une heure s’écoule, notre rendez-vous arrive. Antony nous accueille et nous nous dirigeons vers l’entrée des backstages. Lorsque je me retourne, Alizée prenait déjà son rôle de reporter très à cœur : téléphone en main et en train de nous filmer. Cela m’était déjà sorti de la tête, je fais de même.
Celui-ci nous explique les différentes étapes de la visite :
- balances / répétitions des garçons sur les différentes scènes,
- visite de la scène et de la régie + présentation des différentes équipes (technicien de l’image et du son, sécurité, ..),
- passage au merch + point de rendez-vous avec nos accompagnantes respectives pour rentrer dans la salle,
- rencontre et dédicaces avec le groupe,
- montée en scène des garçons.
- retour en salle pour le concert
Balances / répétitions
Durant les répétition nous découvrons la chanson surprise Okinawa ainsi que celle de clôture Le Dernier Jour.
Cette musique de clôture a une place particulière dans mon cœur : le Meteor Tour à Bruxelles correspond à mon premier concert d’Indochine et il se terminait sur le même titre. Je repense alors à ce jour, à la Thaïs d’à peine 12 ans avec ses mèches de couleurs dans les cheveux et son t-shirt indochinois trop grand.
Étant enseignante dans le domaine de la photographie et l’audiovisuel, je suis d’autant plus heureuse de cette opportunité. Mes yeux se posent partout. Milles et unes questions me passent aujourd’hui en tête, mais rien ne me vient sur le moment. Me rendant compte que je n’arrivais pas à réfléchir, je tente d’emmagasiner le maximum d’informations venant de notre guide Antony.
Aspects techniques
Je demande à Antony quelle est la place de l’IA dans le show : limitée dans les visuels, mais bien pratique pour le système de tracking (détection de mouvements) des artistes sur la scène. En effet, chaque musicien est marqué d’une croix colorée sur un écran en régie, permettant ainsi d’aider à la gestion de la lumière sur chacun en fonction de leurs déplacements sur les différentes scènes.
Nous apprenons également des anecdotes sur les envies visuelles de Nico pour ce show ainsi que son évolution au fil du temps.
La scénographie immersive s’inspire de la dernière tournée du groupe Coldplay, en y ajoutant le plafond LED. Il y a 12 000 lampes LED au plafond, et nous en comptons entre 8 000 et 10 000 dans le public selon la salle, 8 000 pour l’ING Arena.
Concernant la scène, nous distinguons 2 types de dalles LED : celles au sol plus solides pour supporter les danses endiablées de Nico, et celles constituant le mur derrière nos musiciens. Nous assistons d’ailleurs à la réparation d’une dalle par le biais d’une ventouse. Antony nous confie qu’il arrive à Nico de prétexter un petit pas de danse pour sauter sur une dalle manquant d’impulsion, ni vu ni connu (on sait tout maintenant Nico !).
De la fumée est diffusée dans la salle pour ajouter de la dramaturgie et tamiser l’ambiance, chose que l’on ne remarque pas forcément lors de l’arrivée dans la salle, mais bien mise en avant avec les jeux de lumière tout au long du concert.
Un show évolutif
Pour L’Aventurier, de la pyrotechnie a été ajoutée afin de dynamiser ce moment. Alizée s’interroge d’ailleurs sur cette pyrotechnie présente aux abords de l’avancée. Nous apprenons que tout est vérifié et revérifié plusieurs fois, les techniciens sont d’ailleurs logés au plus proche de la salle pour optimiser leurs temps et faciliter ces diverses vérifications.
Le plafond de LED a été davantage exploité : une croix apparaît pour Sanna sur la Croix, ainsi que les couleurs du drapeau LGBTQIA+ notamment sur 3 nuits par semaine.
La scène C s’est dédoublée de part et d’autre de la scène B, donnant ainsi un équilibre dans la disposition des différentes scènes.
Tes Yeux Noirs qui était jouée uniquement en guitare-voix est maintenant accompagnée d’un piano.
La régie
Dans les coulisses, au milieu de la régie, les techniciens ont aménagé un autel dans une flight case comprenant des stickers, peluches, private jokes, mots doux et photos de proches qui suivent les équipes tout au long de la tournée. Je suis touchée de voir la dimension humaine derrière l’envergure de cette tournée. Antony précise d’ailleurs que ce sont les mêmes équipes depuis des années, que ce soit pour le son et l’image, le merchandising, pour la sécurité ou la cuisine.
En face de cet autel se trouve la loge rapide de Nico : un petit espace optimisé pour que notre chanteur puisse se changer, mais aussi résoudre le moindre souci (recoudre un vêtement, retoucher la coiffure, …). Cette pièce est dotée d’un retour vidéo grâce auquel Nico peut s’assurer du bon déroulement du show. J’imagine qu’il s’imprègne également de l’ambiance de la salle par la même occasion.
Concernant les tenues vestimentaires, Alizée se demande s’il y a une direction artistique pour l’habillage des garçons : pas de D.A. particulière, nos artistes restent sobre tant dans leurs tenues de scène que leurs tenues de ville. Nous apprenons d’ailleurs qu’à Strasbourg, Marc a trouvé une veste noire dans une grande enseigne, et ici à Bruxelles, oLi cherchait un débardeur noir qu’il a trouvé dans une autre enseigne bien connue.
Toutefois, le groupe collabore avec un styliste à l’occasion de dates de concert filmées par exemple, ou bien dans cadre le d’une apparition télé ou presse.
Sorties de la mini-loge de Nico, nous découvrons que Boris ne manque pas d’imagination pour nommer toutes ses guitares : Candy, Birdie, Epiphone, Ramona, Co****e, Vanessa, Caramel, La Belge, … . Je rêve dès lors d’un second volet au film Black City Parade pour un prochain album et où toutes ces guitares sont présentées et leurs noms commentés.
Certaines de ces guitares sont assez usées, je m’interroge sur le nombre de dates et de tournées qu’elles ont pu traverser avec le groupe. Nous apprenons que certaines d’entre-elles ainsi qu’une des basses de Marc sont achetées sur des sites de seconde main pour leur sonorité particulière liée à une qualité de fabrique et/ou justement leur vétusté. oLi possède par exemple une guitare datant de la fin des années 60. Quels morceaux joue-t-il avec ? Excellente question que je me suis posée bien trop tard.
Nous découvrons par la même occasion la gestion de l’ensemble des pédales à effet de Marc et Boris qui repose sur 1 personne : Guillaume. En effet, celles-ci sont toutes dans une flight case, Guillaume se charge de les régler en amont avec nos musiciens. Pour Nico et oLi, c’est Antoine qui nous raconte être à la charge de leurs instruments.
Nous avons également appris quelques anecdotes concernant des paroles de chanson. Beaucoup de métaphores et d’imagination dans certaines paroles dont seuls Nico et ses musiciens ont le secret, et cela me va parfaitement. Toutefois, grâce à cette expérience unique, nous avons découvert l’histoire à l’origine des poissons volants dans Un été français.
Catering
Nous nous abreuvons au catering, l’occasion d’en apprendre davantage sur l’organisation des repas dans le cadre d’une tournée telle que l’Arena Tour. Environ 80 personnes mangent dans cet espace, les menus sont pensés une semaine à l’avance. Ces menus sont aux couleurs des villes visitées (moules – frites pour le vendredi 13 à Bruxelles) et un buffet est également à disposition. Les courses sont faites tous les jours. Avant le départ pour une nouvelle ville, les camions sont chargés de plats préparés spécifiquement pour les chauffeurs et techniciens devant prendre la route.
C’est également un espace dans lequel les équipes de sécurité se réunissent pour se briefer avec les différents responsables de la salle. L’objectif est simple : recenser les incidents survenus la veille ou à la date précédente, analyser leurs gestions pour mieux les appréhender par la suite. J’admets être surprise par cette intention. Je n’imaginais pas les équipes de sécurité aussi avenantes et à l’écoute du public sur les problèmes rencontrés. C’est vraiment top merci !
En partant du catering, Antony nous explique les rôles de la production : gestion des billets, déplacements, logements, …
Mais aussi, celui du tourneur, Nicolas Coullier (Play Two), qui nous a dégoté toutes ces dates pour l’Arena Tour. Nous découvrons alors les étapes concernant la réservation des salles et l’ajout de dates sous conditions.
Black Zone
Nous poursuivons notre visite dans l’espace Black Zone : un couloir jonché de pièces dans lesquelles nos artistes se préparent dans le calme. Nous nous faisons alors discrètes et apercevons oLi dans la loge HMC (Hair – Makeup – Clothes) en train de se faire maquiller, mais aussi Marc et Ludwig dans une loge au fond du couloir. Antony en profite pour nous présenter la pièce dans laquelle s’effectueront les dédicaces et la rencontre avec le groupe.
Nous remarquons différentes feuilles de service sur le mur en face de l’espace Black Zone. Nous en apprenons alors davantage sur le déroulement de la journée des techniciens et des artistes : qui arrive quand et pour faire quoi.
Commencer le show à 20h45 tous les soirs n’est pas uniquement une marque de respect envers le public, mais c’est aussi primordial pour le bon déroulement du concert. Nous apprenons en effet que certains aspects techniques sont programmés et synchronisés sur la montre, donc pas de retard possible.
Notre guide nous explique également le programme post-concert : la salle doit être nettoyée et débarrassée entièrement pour une certaine heure, les équipes font alors du rangement toute la nuit et jusqu’aux aurores. C’est aussi pour cette raison que la sécurité nous invite assez tôt à rejoindre la sortie après un concert.
Mise en place
Nous traversons la salle, l’équipe vidéo se met en place et c’est Valentin qui teste la position des caméras sur scène. L’équipe lumière test également les éclairages tandis que de la fumée se diffuse dans l’atmosphère. Nous ne tardons pas à quitter la salle pour rejoindre le hall des entrées où se trouvent également le spot merchandising ainsi que nos accompagnantes.
Pour ma part, le stress monte d’un coup : je reconnais les camarades de camping déjà prêts à rentrer devant les portes vitrées, la foule s’amasse petit à petit, je réalise qu’il ne reste qu’une vingtaine de minute avant l’entrée en salle. Je suis toutefois soulagée d’avoir ma +1 d’aventure Mary-Lore au téléphone et de la voir courir à travers les baies vitrées, nous allons bientôt pouvoir nous placer dans la salle sans précipitations. Mais d’abord, un petit tour au merchandising où l’équipe est tout aussi accueillant et chaleureuse que les autres équipes rencontrées tout au long de cette journée.
Antony nous photographie devant l’affiche de la tournée et en profite pour nous faire (re)découvrir des clins d’œil de toute sorte dissimulés dans celle-ci, un moment ludique et riche en anecdotes. Il nous confie également que d’autres visuels du groupe contiennent des doubles lectures, je n’ai pas fini de percer tous ces secrets indochinois.
Après ce passage auprès de l’équipe merch, il est temps de faire rentrer nos amies dans le hall et de se positionner ensuite dans la salle. Il s’avère que le hasard fait encore bien les choses : Alizée et moi convoitions le même endroit, à savoir le coin de l’avancée vers la scène B côté Marc. Nous finirons donc cette soirée toutes ensemble pour mon plus grand plaisir !
18h30 : le sol tremble, mon corps vibre, la foule arrive, le stress se dissipe petit à petit. Je me laisse portée par l’énergie de Lou qui assure la première partie du show. Objectif : ne pas reflancher dans le stress. Chose réussie, merci pour ce super DJ set !
Durant ce fameux DJ set, Antony fait des allers-retours en annonçant à chaque fois le décompte : encore un quart d’heure, plus que 5 minutes, 2 … Et c’est parti ! La sécurité nous sort de la fosse et nous contournons la scène, direction l’espace Black Zone.
Ce moment m’a particulièrement marquée, nous avons croisé sur notre chemin des visages familiers qui partageaient notre joie. Je vois entre autres mes 2 bonnes étoiles Sissy ainsi que ma toulousaine Séverine, que du bonheur.
La Rencontre
Nous rentrons dans l’espace Black Zone et les vidéos d’Alizée témoignent de mon émotion : le corps est raide, les poings serrés et les yeux pétillent. Nous attendons en silence.
Les garçons arrivent et nous saluent un à un. J’entame une discussion avec Ludwig et en oublie de lui demander un selfie. Peu importe, ces mots doux me font le plus grand bien. J’ai également l’occasion d’échanger avec oLi et Nico, mais au moment de me retourner vers Boris il était déjà presque temps de nous dire au revoir.
Antony immortalise cette rencontre avec des photos de groupe, les garçons prennent le temps de nous dire au revoir et s’éclipsent en régie pour préparer leur entrée en scène.
L’entrée en scène
Cachées derrière une flight case, nous observons discrètement nos musiciens se préparer : étirements et échanges avec les techniciens, l’ambiance est détendue, nos 5 garçons sont rodés.
20h45 : il est temps pour nos artistes de monter en scène, et c’est le moment pour Alizée et moi de rejoindre la salle. Après une telle journée, pensez-bien que ce concert avait une saveur particulière, mais j’en garde un goût de trop peu comme à chaque fois.
C’est ici que se terminent les péripéties d’Alizée et Thaïs
Mon seul regret est d’avoir perdu du temps inutilement en demandant des autographes aux garçons alors qu’Antony avait déjà tout organisé avec nos musiciens : mes 5 dédicaces étaient déjà prêtes sur la table. J’ai été assez confuse avec Boris à ce propos et cela me désole, mais c’est ce qui arrive dans l’effervescence d’une journée pas comme les autres.
Je ne leur ai pas dit tout ce que j’avais à leur dire, mais je n’aurais de toute façon jamais eu le temps ni les mots nécessaires pour leur exprimer ma gratitude. Et puis finalement, mes 2 selfies avec Nico et oLi sont à peine nets, et ce n’est pas grave. J’ai réalisé le rêve d’une petite fille et bien plus encore. Je finis cette journée avec des souvenirs indélébiles riches en anecdotes.
Antony, tu avais raison. Je n’ai pas pleuré lors de la rencontre avec les garçons, je n’ai pas pleuré durant le concert. J’ai pleuré le lendemain matin en voyant ma valise bouclée et cette chambre d’hôtel trop bien rangée, comme si ce que j’avais vécu n’avait jamais existé, j’aurai aimé remonté le temps pour revivre cette journée. J’ai repleuré au soir aussi, en mangeant une pizza bien méritée, et aujourd’hui j’ai encore les yeux mouillés en repensant à ce 14 février pas comme les autres.
Merci Antony pour cette opportunité et ta bienveillance, j’étais presque un peu trop à l’aise.
Merci Alizée pour tous ces incroyables souvenirs. Tu as été une binôme très attentionnée, remplie de bonnes intentions, et avec une certaine sensibilité, tu m’as touchée.
Merci Mary-Lore de m’avoir encore accompagnée dans une aventure indochinoise, on remet ça quand ?
Merci à tous ces humains que je connais de près ou de loin, vos mots doux et gestes de tendresse m’ont émue.
Merci à ma toulousaine Séverine et Sissy, vous m’avez porté chance.
Merci à toutes les équipes rencontrées, des anecdotes en coulisse à l’hydratation durant le concert, vous avez régalé.
Merci à Lou pour ce DJ set, j’espère te réentendre mixer bientôt !
Merci à vous mes héros, merci d’être là, merci d’être vous. Merci pour ces souvenirs à vie, merci pour cet amour infini.
Je vous aime aujourd’hui et demain encore plus.
Merci ♥
Thaïs