Reportage de Daisy, concert de Nantes, le 29 novembre 2025
Mon tout premier concert d’Indochine a lieu en décembre 2002 à Angers lors du Paradize Tour. Je n’avais que 14 ans.
43 concerts plus tard, me voici à Nantes les 28 et 29 novembre 2025. Jusqu’ici, j’ai toujours tenté ma chance sur le concours IndoReporters, depuis son lancement. En somme, une trentaine de tentatives.
Samedi 29/11/2025, 10h45
Je suis dans ma chambre d’hôtel avec une amie. Je n’ai pas remporté le concours pour le concert de la veille. Qu’à cela ne tienne, je persévère jusqu’au bout et j’ai renvoyé le mail avec mes coordonnées le vendredi soir.
La météo étant capricieuse, nous prévoyons de nous rendre au Zénith en fin de journée.
10h57. L’écran de mon téléphone s’allume, appel en numéro masqué. Avant même de décrocher, je comprends déjà. Antony, qui travaille pour Indochine, m’annonce que mon nom a été tiré au sort. Je hurle, je jubile, mon cœur bat la chamade, je ne sais même plus comment je m’appelle tant mes pensées vont à 100 à l’heure.
Le RDV est donné à l’entrée de la porte de service du Zénith à 15h15 et j’ai toujours peine à y croire pendant que je me prépare nerveusement. Sur les 23 dernières années je n’ai que rarement eu l’occasion de rencontrer le groupe. Peut-être n’ai-je pas eu assez d’audace, je ne sais pas. J’étais certes montée sur scène à deux reprises durant le Alice & June Tour, moment qui fut inoubliable, mais c’était il y a 19 ans et aujourd’hui c’est différent. Le rêve prend forme.
15h15. Peggy, la seconde gagnante, me rejoint derrière le Zénith très rapidement. Elle est aussi stressée que moi.
Antony arrive finalement à 15h50. Après vérification de nos pièces d’identité et billets d’entrée, nous entrons enfin dans l’enceinte du bâtiment. A cet instant, je me dis qu’on devrait me pincer la peau pour m’assurer que je ne rêve pas. Nous parcourons les couloirs du Zénith, arrivons derrière la scène puis dans la salle. Le groupe est en pleines répétitions.
Bien qu’habitant Angers, je suis venue un bon nombre de fois au Zénith de Nantes pour voir Indochine, mais je n’avais cependant jamais vu la salle ainsi vide.
Je contourne la scène, prends des photos et vidéos. Antony nous donne le pass à coller sur nos vêtements, précieux sésame que j’ai tant rêvé de porter.
Le groupe répète Un Ange à ma Table, Leila puis Justine. Antony nous livre beaucoup d’informations, des détails techniques, anecdotes et exclusivités. Je suis perdue entre ma volonté de tout mémoriser et celle de regarder partout, les yeux et les oreilles grands ouverts. J’essaie de ne pas le montrer mais je suis comme une enfant devant son cadeau de noël (un peu) en avance.
Nous continuons la visite, riche en enseignements, notre guide répondant à toutes nos questions. Les backstages sont impressionnants. La logistique est dingue (il ne faut pas moins de 30 semi-remorques pour transporter tout ce matériel d’une ville à une autre sur cette tournée).
Je ne cesse de penser que j’ai une chance inouïe et savoure chaque seconde de cette immersion totale. Derrière la scène je photographie l’arrière de l’écran géant, les instruments de chacun des membres du groupe. Les gars donnent des noms à leurs guitares. Je me marre devant l’une d’entre elles, nommée Cocaïne. Sacré Boris ! Peu après nous montons sur la scène où les techniciens peaufinent les derniers petits détails. Antony nous prend en photo devant cette salle encore vide, avant qu’elle ne soit occupée par les quelques 8500 spectateurs. Nous pouvons découvrir la setlist en exclusivité.
Commencent ensuite les balances de Lou Sirkis, nièce de Nicola. La veille, j’étais au pied de la scène C, lieu où la talentueuse musicienne se produit en première partie d’Indochine.
Après quelques minutes d’écoute nous filons au stand de Merchandising où je m’achète une cup ainsi qu’un pin’s de l’Arena Tour. On nous prête les bracelets lumineux pour le concert, ceux qui seront distribués au public plus tard dans la soirée.
Antony travaille pour Indochine depuis 20 ans. Il est d’une patience infinie, très à l’écoute. Il nous explique que ces bracelets sont munis d’une micro puce qui permet de déclencher leur allumage à distance selon la position des spectateurs dans la salle.
Vers 17h30 nous arrivons dans l’espace de Catering, le coin restauration de l’équipe. Lors de la dernière date de chaque ville sur cette tournée, 300 paires de petites mains travaillent au bon fonctionnement de cette immense machinerie. Nous prenons une petite collation, de quoi prendre des forces pour le reste de la soirée.
Il est 18h passé quand nous retournons dans la fosse du Zénith, prêtes à prendre place là où bon nous semble. Peggy s’installe au bout de la scène B, quant à moi je me positionne dans l’angle de la scène principale, côté oLi.
A 18h30, les portes s’ouvrent au public. Peu à peu des milliers de personnes nous rejoignent, et je suis encore sidérée d’avoir eu accès à tant de privilèges. Mais le meilleur reste à venir.
20h, le DJ set de Lou commence.
A 20h25, Antony vient me chercher. Il était en effet convenu que nous quittions la salle temporairement, Peggy et moi, pour rencontrer le groupe juste avant le concert. L’agent de sécurité me soulève par-dessus la crash barrière et je suis les pas d’Antony le long de la scène. Passer sous les regards de tous ces gens dans les premiers rangs me procure des frissons, un mélange de gêne, de fierté et de joie intense. Beaucoup d’entre eux connaissent le concept des IndoReporters et se doutent de ce que nous allons vivre, déclenchant des félicitations à notre passage.
Quelques instants plus tard nous entrons dans la Black Zone, espace confidentiel réservé principalement aux musiciens et au staff proche. N’ayant rien d’autre sur moi que mon téléphone et mon billet de concert, je sors ce dernier de ma poche dans l’attente de le faire signer. Ludwig arrive, suivi de près par Marco, Boris, oLi et enfin Nicola. Je suis intimidée, je ne sais pas quoi dire. Parler météo et du temps exécrable dehors ? Pas terrible. J’ai cette pensée : bon sang Daisy, ça fait 23 ans que tu attends ce moment et tu n’as rien d’autre à leur dire qu’un petit bonjour accompagné d’un sourire béat ?!… Je voudrais en effet pouvoir leur signifier qu’ils ont, par leurs musiques et à un certain moment de mon adolescence, contribué à me sauver. Ils m’ont aidé à traverser des périodes sombres. Ils m’ont aussi donné goût à la musique au sens large et m’ont fait découvrir un grand intérêt pour l’écriture et la poésie. J’aimerais pouvoir leur dire que j’ai rencontré des personnes extraordinaires grâce à eux. Tant pis, je n’ai de toute façon pas le temps de m’étendre. Les garçons apposent leurs signatures sur mon billet de concert. Je glisse à l’oreille de Nicola que j’ai bien dû postuler au moins trente fois au concours IndoReporters. Il me fait signe qu’il entend mal, ayant déjà son ear monitors en place.
S’ensuit la séance photos : d’abord les selfies avec nos propres téléphones, la main tremblante, puis les photos de groupe prises par Antony.
20h35. Il est l’heure pour les musiciens de rejoindre les coulisses derrière la scène. Nous les suivons rapidement.
Discrètes, nous restons légèrement à l’écart dans l’obscurité, éclairées uniquement par les lampes torches des techniciens et assistants. Nous ne voyons pas la foule dans la salle mais nous percevons son énergie monter d’un cran. Le public crie et applaudit au rythme de la musique d’introduction. Il fait chaud. Les garçons sont calmes, je partage leur concentration teintée d’excitation.
20h45. Après un dernier check poignet contre poignet avec les gars, il est l’heure pour eux de gagner la scène. Je filme cet instant avec émotion, avant qu’Antony nous fasse signe de le suivre afin de regagner nos places dans la fosse.
Je sors à nouveau mon téléphone et immortalise notre retour dans les travées autour de la scène, tandis qu’Indochine commence son show pour une durée de 2h30.
Arrivée à mon emplacement, le vigile m’aide à repasser par-dessus la barrière.
Encore ébahie par tout ce que j’ai vécu, je reprends progressivement mes esprits et savoure ce concert comme je ne l’avais, à juste titre, encore jamais fait. Les morceaux s’enchaînent, je danse, chante et suis tellement reconnaissante d’être là. Moi qui pensais, à l’origine, vivre ce moment en fond de fosse…
23h30. Au terme de cette folle journée, je regagne l’hôtel des étoiles pleins les yeux. Jusqu’alors je pensais avoir tout vu, tout entendu, tout vécu dans les concerts d’Indochine… mais tout porte à croire que les surprises ne connaissent aucune fin.
Prochains RDV : les 27 et 28 février 2026 à Paris Bercy.
Un grand merci au groupe pour sa générosité. Contrairement à nombre d’artistes qui proposeraient des systèmes de Pass VIP moyennant une somme onéreuse, le concours lancé par Indochine est entièrement gratuit.
Merci à Antony pour sa gentillesse et sa disponibilité.
Merci à tout le staff qui contribue à la véritable réussite de ces concerts.
Merci à Peggy, la seconde IndoReporter, pour sa compagnie et sa sympathie.
Et enfin merci à Christine de la production qui, le matin même et par sa main providentielle, a tiré mon nom parmi tant d’autres.
Daisy