Reportage de Chloé, concert de Bruxelles, le 13 février 2026
Bruxelles, quand un rêve prend vie
Mon histoire avec Indochine commence très tôt.
Trop tôt peut-être, à un âge où l’on cherche encore sa place, où l’on doute de soi, où l’on se sent différent. À l’école, je ne me sentais pas bien. J’ai connu le harcèlement, le regard des autres, ce poids invisible mais tellement lourd à porter.
Alors je me suis laissée porter par ce qui me faisait penser à autre chose, loin de tout : la musique. Et très vite, Indochine est entré dans ma vie.
Indochine, ce n’était pas juste des chansons. C’était une présence. Un refuge. Une main tendue quand ça n’allait pas.
Mon premier concert, je l’ai vécu à 13 ans. Je m’en souviens encore comme si c’était hier. Cette sensation étrange d’être enfin à ma place, entourée de gens qui ressentaient la même chose que moi.
Depuis, à chaque tournée, c’est devenu un rituel presque sacré. Avec ma maman, on se rend à plusieurs dates. On partage ces moments hors du temps, ces parenthèses qui font du bien à l’âme. Indochine, c’est un lien, une histoire qui se tisse année après année.
5h du matin – direction Bruxelles
Vendredi 13 février.
Le réveil sonne à 5h. Il fait encore nuit. La fatigue est bien là, mais l’excitation prend vite le dessus. Nous avons environ 40 minutes de route pour rejoindre Bruxelles. Arrivés vers 6h devant l’ING Arena, on se gare, on attrape nos affaires, prêtes à patienter toute la journée.
Et là, première surprise : il y a déjà énormément de monde. On compte… nous sommes 42e et 43e. Habituellement, à cette heure-ci, on est plutôt dans les 25 premiers. Sur le moment, ça pique un peu. Mais tant pis. On est là, et c’est tout ce qui compte.
La pluie commence à tomber. Pas une petite pluie discrète. Non. Une vraie drache nationale, bien belge. On sort les bâches, on s’installe comme on peut. On essaie de se reposer, de préserver nos forces. Surtout moi. La fatigue s’est accumulée ces derniers jours, et à Douai, elle m’avait déjà coûté un petit malaise. Je fais attention.
Le temps passe lentement. Très lentement.
10h10 – l’appel que je n’attendais pas
Je regarde mon téléphone. Un appel manqué. Numéro masqué.
Mon cœur rate un battement. Je me dis immédiatement : Non… ce n’est pas possible. Et pourtant, une petite voix au fond de moi murmure : Et pourquoi pas ? Je réalise que j’ai loupé l’appel. Mon téléphone était dans ma poche, protégé de la pluie. Je m’en veux. Beaucoup. Mais c’est comme ça. J’essaie de relativiser, de me dire que ce n’était sûrement rien.
10h26 – le moment suspendu
Numéro masqué à nouveau. Cette fois, je décroche sans hésiter. Bonjour Chloé, c’est Antony. Tu as été tirée au sort ! Le monde s’arrête. Littéralement. Je sens les larmes monter instantanément. Je tremble. Je n’arrive presque plus à parler. Sur plus de 600 mails, c’est moi qui ai été choisie. Moi. C’est irréel. Complètement fou. Rendez-vous à 15h, à l’entrée des artistes.
14h55 – une évidence
Vers 14h30, je me dirige vers cette fameuse entrée artistes. Étrangement, je ne ressens pas encore toute l’émotion. Je me pose mille questions : avec qui vais-je être ? Qu’allons-nous voir ? Comment ça va se passer ? À 14h55, Vanessa arrive. Et là… tout est fluide. Le courant passe immédiatement. Une Belge aussi. Une évidence. Je me dis que je n’aurais pas pu rêver meilleure personne pour partager ce moment. Tout s’aligne.
15h30 – plongée dans les coulisses
Antony vient nous chercher. Carte d’identité, place… et c’est parti. Couloirs, backstage, catering. Tout m’impressionne. Puis les loges.
Et soudain… BOUM.
On tombe nez à nez avec Nicola, qui part en répétition. Petit check, sourire… et on le suit. On assiste aux balances. Antony est génial, rassurant, drôle. Il nous prévient que tout va très vite, qu’il faut profiter à fond, qu’on peut prendre des photos. Je suis tiraillée entre vivre pleinement l’instant et garder des souvenirs.
On apprend que Boris est enrhumé. Il se protège, pour tenir le coup, mais aussi pour préserver les autres. Le groupe est très concentré. Les grosses dates arrivent, la fin de tournée se fait sentir, et malgré la fatigue, l’exigence reste intacte. Voir la salle vide est complètement irréel. Les ingénieurs son et lumière sont déjà en action. Nicola passe, observe, ajuste, échange. Rien n’est laissé au hasard. Un vrai chef d’orchestre, pour garantir un show parfait.
Sur scène, dans les loges, dans les détails
On monte ensuite sur scène. Encore un choc. Tout est millimétré, calculé, réglé à la seconde près. Antony nous explique les petits secrets du show. C’est fascinant.
Puis viennent les couloirs, les loges, l’arrière-scène. Les guitares de Boris, avec leurs noms improbables… et l’une d’elles s’appelle “La Belge”. Petit sourire, énorme fierté. Merci Boris.
Au catering, le menu est bien belge : carbonade flamande et moules. On découvre aussi qu’ils ont leur propre équipe dédiée à la cuisine, qui connaît parfaitement les habitudes alimentaires de chacun, entre les choix vegans, végétariens… et Nicola, fidèle à une alimentation saine, loin de tout ce qui est mauvais.
17h30 – le merch, les souvenirs, l’ouverture du site
Vers 17h30, nous passons par le merchandising. Un moment important pour moi. Je prends un pin’s avec la date du jour, comme un symbole, une trace tangible de ce que je viens de vivre. Un souvenir que je garderai précieusement. Je prends aussi deux t-shirts de l’Arena Tour, parce que ce moment mérite d’être ancré, porté, revécu.
À 17h30, c’est aussi l’ouverture du site. Voir les fans courir vers l’entrée des portes est impressionnant. Habituellement, j’aurais dû être avec eux. Mais cette fois, je les regarde autrement, avec un sourire particulier. Loïc est déjà à l’intérieur du site. Il gère tout seul, comme un chef, pour son troisième concert de la tournée. Je suis tellement fière de lui.
Antony nous annonce qu’à 18h10, nous pourrons aller chercher nos +1. Je suis impatiente, heureuse, émue à l’idée de retrouver mon chéri après cette après-midi hors du temps.
18h10 – retrouvailles
À 18h10, on va chercher Loïc. Il remercie Antony au moins dix fois. On se dirige ensemble vers la salle, encore sur notre petit nuage. On continue de discuter, de s’organiser pour la suite. L’excitation monte.
20h – la montée d’énergie
À 20h, DJ Lou entre en scène. Quelle énergie. Quelle présence. Elle met le feu à la salle, l’ambiance est déjà folle.
20h15 – dans la foule
À 20h15, Antony nous propose de venir nous chercher directement à la barrière pour assister à l’entrée des garçons. Avec Vanessa, on ne se sent pas à l’aise de passer par-dessus la barrière. On décide donc de passer à travers la foule, et de se donner rendez-vous sur le côté.
20h25 – entre la scène et les barrières
À 20h25, Antony nous propose deux options : soit faire le tour par l’arrière, soit passer par le crash, entre la scène et les barrières. On choisit le crash. Là, c’est une montée d’adrénaline incroyable. On traverse cet espace si particulier, au cœur de l’énergie du public. Petit coucou à Loïc au passage. L’ambiance est dingue.
Les garçons, juste avant
On arrive près des loges. Antony nous prévient : ça va être rapide, mais il faut en profiter à fond, ne pas être intimidées. Les garçons arrivent. Check. Ils nous demandent d’où l’on vient. autographe, photos… et ils repartent. Tout est allé très vite. Trop vite. On était impressionnées, timides, un peu figées. On n’a pas osé demander de selfie. Mais aucun regret. Les souvenirs sont là, gravés.
Derrière la scène – le moment suspendu
On se place ensuite derrière la scène. Les boys montent. Trois musiques d’ambiance. Puis l’intro de Ma vie est à toi. Check d’oLi, qui nous souhaite bon concert. Puis Nicola.
On repart vite à nos places. Je fais un gros bisou à Vanessa, qui rejoint sa famille. Je repasse par le crash avec Antony pour me replacer. Je le remercie du fond du cœur.
Le concert – la claque émotionnelle
Les trois premières chansons passent dans un flou total. Je n’arrive pas à redescendre. Je réalise à peine ce que je viens de vivre. Puis les titres s’enchaînent. Quel show. Quelle intensité. Adora. Karma Girls. J’étais comblée. La main sur vous en live… une claque. Les larmes coulent.
Je mesure la chance immense que j’ai eue. Indochine ne sait pas toujours ce que les gens traversent. Mais ce qu’ils offrent, ce qu’ils donnent… ça sauve.
Merci Indochine, pour la musique, pour les émotions, pour ces instants qui réparent.
Merci Antony, pour ta disponibilité, ta patience, ta bienveillance.
Merci Vanessa, cette rencontre évidente.
Et merci à la vie pour ces moments suspendus.
« Le temps s’est arrêté, tout a continué. »
Difficile de redescendre de son nuage après un week-end pareil.
Il y a des jours qui ne s’oublient pas. Des jours où le cœur bat plus fort, où le temps se dérègle, où la vie décide, sans prévenir, de vous faire un cadeau immense. Quand on a grandi en se sentant différent, fragile, parfois un peu à côté du monde, certains groupes deviennent bien plus que de la musique. Ils deviennent des refuges. Indochine a toujours été le mien.
Chloé